Rechercher

Les Hommes de Brême sont de retour !

107 ans après, les Allemands cherchent-ils à reprendre position sur la mythique plaine de Quennevières ?



Au 21ième siècle, l’artillerie et l’infanterie allemande ont tout de même bien changé… Camions, bulldozer, grues géantes, excavations monumentales pour un projet de plusieurs éoliennes sur le champ de bataille de Quennevières (France, Oise, 60350). La société allemande 𝗪.𝗣.𝗗, initiatrice du projet, ne semble pas au fait de l’Histoire du secteur de Quennevières qui pourtant… la concerne de très près…



𝗣𝗲𝘁𝗶𝘁 𝗿𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿 𝗲𝗻 𝟭𝟵𝟭𝟰…

Le 12 septembre 1914, après l’échec du plan Schlieffen, les allemands entament leur retraite, la garnison de la ville de Brême « 𝑰𝒏𝒇𝒂𝒏𝒕𝒆𝒓𝒊𝒆-𝑹𝒆𝒈𝒊𝒎𝒆𝒏𝒕 𝑩𝒓𝒆𝒎𝒆𝒏 (1. 𝑯𝒂𝒏𝒔𝒆𝒂𝒕𝒊𝒔𝒄𝒉𝒆𝒔) 𝑵𝒓. 75 » prend position sur la plaine de Quennevières. Sur ordre, ce régiment stoppe ICI sa retraite et décide d’attendre les poursuivants français qui les talonnent depuis des semaines. La guerre de position est sur le point de naître pour les deux camps, mais avant cela, les belligérants vont s’affronter entre le 19 et le 21 septembre 1914 pour la prise de la ferme de Quennevières, qui n’est d’ailleurs plus qu’une ruine après le duel d‘artillerie des jours précédents. Les pertes dans les deux camps sont considérables ! Les recherches d’Aurélien TARDIEU, membre de l'ASAPE, chiffrent à 222 corps Français encore ensevelis pour le seul 278° Régiment d’Infanterie. Du côté allemand, nous avons découverts que 426 soldats du régiment Ir75 sont portés disparus dans des rapports officiels en cette fin du mois de Septembre 1914. Ces corps allemands reposent donc toujours aux environs de Quennevières. Le régiment Ir75 est tellement impacté par ces pertes, qu’il doit être reconstitué avant de tenir de nouvelles positions dans le village voisin de Bailly, sur les bords de la rivière OISE. Des officiers allemands s’exprimant sur ces premiers jours dans l’Oise qualifieront ces combats de : « 𝙢𝙖𝙨𝙨𝙖𝙘𝙧𝙚 𝙙𝙚 𝙌𝙪𝙚𝙣𝙣𝙚𝙫𝙞𝙚̀𝙧𝙚𝙨 ». ...



Neuf mois plus tard, en Juin 1915, d’autres régiments allemands (Fr86 – Ir84) parleront cette fois ci du « Jour Noir de Quennevières » pour qualifier le premier jour de la bataille (06 Juin 1915). Durant les 15 jours d’affrontements qui suivent, environ 10.000 Français et 4000 Allemands tomberont. Pour cette bataille, l’ASAPE estime qu’un millier d’hommes reposent toujours sous cette plaine. Un ouvrage traduit du danois, va d’ailleurs voir le jour d’ici quelques mois relatant cette bataille d’un point de vue des régiments allemands.




𝗜𝗿𝗼𝗻𝗶𝗲 (𝗼𝘂 𝗻𝗼𝗻) 𝗱𝗲 𝗹’𝗛𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲, 𝗹𝗮 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗲́𝘁𝗲́ 𝗪.𝗣.𝗗 𝐚 𝘀𝗼𝗻 𝘀𝗶𝗲̀𝗴𝗲 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹 … 𝗔 𝗕𝗿𝗲̂𝗺𝗲 ! Ce projet – dans l’état – est donc un affront à la mémoire des soldats Français, mais aussi vis-à-vis des concitoyens et famille de la ville d’origine du promoteur Eolien : Brême


Le livre du Dr Hermann Plote intitulé « 𝐷𝑒 𝐵𝑟𝑒̂𝑚𝑒 𝑗𝑢𝑠𝑞𝑢’𝑎̀ 𝑁𝑎𝑚𝑝𝑐𝑒𝑙 1914 𝑙𝑒 75 𝑟𝑒́𝑔𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑑’𝑖𝑛𝑓𝑎𝑛𝑡𝑒𝑟𝑖𝑒 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎 𝑔𝑢𝑒𝑟𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑚𝑜𝑢𝑣𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 » relate le parcours de ce régiment et révèle l’importance du secteur de Quennevières aux yeux de ces Allemands. Cette plaine est indissociable des combats meurtriers des hommes de la garnison de la ville de Brême. Il est donc immoral que les descendants de ces mêmes hommes, viennent 107 ans plus tard, ensevelir leurs aïeuls (𝒆𝒕 𝒍𝒆𝒔 𝒏𝒐̂𝒕𝒓𝒆𝒔…) sous des tonnes de béton.



Il y encore quelques années, en 2010, sous l’impulsion du Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e. V. (𝑆𝑒𝑟𝑣𝑖𝑐𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙’𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒𝑡𝑖𝑒𝑛 𝑑𝑒𝑠 𝑠𝑒́𝑝𝑢𝑙𝑡𝑢𝑟𝑒𝑠 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠 𝑎𝑙𝑙𝑒𝑚𝑎𝑛𝑑𝑒𝑠) et dans le cadre des chantiers annuels « Œ𝘂𝘃𝗿𝗲𝗿 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗽𝗮𝗶𝘅 » des enfants de cette ville hanséatique participaient au nettoyage des tombes dans les nécropoles allemandes de Nampcel et Moulin Sous Touvent… En 2018, dans le cadre du centenaire, c’est la représentante du Volksbund de Brême, 𝐼𝑠𝑎 𝑁𝑂𝐿𝐿𝐸, qui s'est déplacée dans ces deux nécropoles de l’Oise. Enfin, Les traces gravées dans la pierre par ces combattants sont toujours présentes sous nos pieds au détour d’une cavité, d’un tunnel. C’est le cas par exemple dans la 𝕻𝖎𝖔𝖓𝖎𝖊𝖗 𝕳𝖔̈𝖍𝖑𝖊 ou bien encore 𝕶𝖔𝖓𝖎𝖌𝖎̈𝖓 𝕳𝖔̈𝖍𝖑𝖊 avec un blason gravé aux couleurs de la ville de Brème.


L’ASAPE 14-18 à l’aide des photos du drone et de nos archives militaires a reconstitué, numériquement l’implantation d’éventuelles éoliennes sur le plateau de Quennevières… Les images superposées aux canevas de tirs de l’époque sont éloquentes...


𝐍𝐞 𝐬𝐞𝐫𝐚𝐢𝐭- 𝐢𝐥 𝐩𝐚𝐬 𝐛𝐨𝐧, 𝐝𝐞 𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐍𝐎𝐍 𝐚𝐮 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐚𝐧𝐭𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐞́𝐨𝐥𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐮𝐧 𝐥𝐢𝐞𝐮 𝐝𝐞 𝐦𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞 ?

Affaire à suivre...