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Nous retrouvons le descendant d'un Sapeur/Mineur du PUITS N°7.


La découverte et l’exploration par l’ASAPE 14-18 de la galerie de mines P7 a permis de dresser un inventaire complet des traces rupestres laissées dans cet ouvrage entre Février 1915 et Mars 1917 𝘗𝘰𝘶𝘳 𝘮𝘦́𝘮𝘰𝘪𝘳𝘦, 𝟴𝟰 𝘁𝗿𝗮𝗰𝗲𝘀 𝗿𝘂𝗽𝗲𝘀𝘁𝗿𝗲𝘀 sont laissées soit par les Sapeurs en charge de la construction de la galerie P7 soit par les soldats en charge de procéder aux écoutes dans cet ouvrage.

Si on compare le nombre de traces découvertes à la longueur totale de l’ouvrage (qui chemine sur 78m), le ratio se porte à plus d’une trace rupestre par mètre parcouru.

Ce résultat est impressionnant et rend la galerie de mines P7 d’autant plus exceptionnelle par sa dimension humaine. A ce jour, sur notre secteur d’étude, cette galerie offre donc la plus grande quantité de graffitis de la Grande Guerre au mètre parcouru (𝘛𝘰𝘶𝘵𝘦 𝘯𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯𝘢𝘭𝘪𝘵𝘦́ 𝘥𝘦 𝘣𝘦𝘭𝘭𝘪𝘨𝘦́𝘳𝘢𝘯𝘵𝘴 𝘤𝘰𝘯𝘧𝘰𝘯𝘥𝘶𝘦).

Un Sapeur/Mineur a retenu notre attention lors de ce relevé de graffitis : 𝗔𝗹𝗲𝘅𝗮𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗚𝗘𝗢𝗟𝗜𝗘𝗥 de la Compagnie de Sapeurs/Mineurs M7 du 4ème Régiment du Génie. Il a laissé son nom à différents endroits de la galerie P7. Au total, 5 traces rupestres portant son nom sont relevées par l’Association :

𝗩𝗼𝗶𝗰𝗶 𝗹𝗮 𝗹𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝘁𝗿𝗮𝗰𝗲𝘀 𝗿𝘂𝗽𝗲𝘀𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗲 𝘀𝗼𝗹𝗱𝗮𝘁 :

  • 19 Décembre 1916 – 03h00 du matin.

  • 22 Février 1917 – 08h00 du matin.

  • 22 février 1917 – 08h30 du soir.

  • 25 Février 1917 – 09h00 du matin.

  • 25 Février 1917 -

  • Peut-être une trace est également à lui attribuer en date du 08 Mars 1916…


Ce nombre important de traces rupestres laissées par un seul soldat nous a conduit à engager des recherches sur ce dernier avec - pour but - d’en apprendre plus sur son parcours et également de retrouver d’éventuels descendants.

Dans un premier temps, l’historique de la Compagnie M7 du 4ème Génie est passée au crible afin de relever toutes les informations sur le Sapeur/Mineur Alexandre GEOLIER. Nous retrouvons bien sa trace sur le secteur de la galerie P7 durant l’année 1916 et 1917. Il est d’ailleurs principalement en charge des écoutes souterraines dans différents puits de mines du secteur. Par « 𝐸́𝑐𝑜𝑢𝑡𝑒𝑠 𝑠𝑜𝑢𝑡𝑒𝑟𝑟𝑎𝑖𝑛𝑒𝑠 », nous voulons dire que ce soldat avait l’importante mission de la détection de l’ennemi sous terre. Du fond de la galerie P7, dans une petite chambre appelée « 𝘱𝘰𝘴𝘵𝘦 𝘥’𝘦́𝘤𝘰𝘶𝘵𝘦 » il devait soit localiser l’ennemi à l’oreille, soit avec l’aide de matériel spécifique propre à cette fonction. (𝘜𝘯 𝘨𝘦́𝘰𝘱𝘩𝘰𝘯𝘦 𝘱𝘢𝘳 𝘦𝘹𝘦𝘮𝘱𝘭𝘦). 𝗨𝗻𝗲 𝗲́𝘁𝘂𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗹𝗲̀𝘁𝗲 𝗲𝘁 𝗶𝗻𝗲́𝗱𝗶𝘁𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝗰𝗲 𝗽𝗼𝗶𝗻𝘁 𝘀𝗲𝗿𝗮 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗼𝗻𝗶𝗯𝗹𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝗻𝗼𝘀 𝘀𝘂𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁𝘀, 𝗹𝗲 𝟮𝟱 𝗔𝗼𝘂̂𝘁 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗵𝗮𝗶𝗻.


La présence du Sapeur/Mineur GEOLIER (𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘴𝘦𝘴 𝘤𝘢𝘮𝘢𝘳𝘢𝘥𝘦𝘴 𝘥𝘶 4𝘦̀𝘮𝘦 𝘎𝘦́𝘯𝘪𝘦) à leurs postes dans les galeries de mines – cela, seulement 15 jours avant le retrait des forces allemandes vers la ligne Hindenburg- nous apporte une information importante :

- Bien que la guerre de mines – sur ce secteur de l’Oise – diminue nettement en intensité depuis la mi-1916, les spécialistes du milieu souterrain que sont les Sapeurs/Mineurs du Génie sont toujours en poste au fond des galeries de mines à la fin Février 1917. De par cet élément, nous pouvons en déduire que les Français n’ont pas « automatisé » leurs écoutes souterraines par le biais de sismophones reliés vers la surface… Ce sont toujours bien des hommes qui descendent - plusieurs fois par jour - afin de surveiller une éventuelle progression de l’ennemi vers eux.


Le nom d’Alexandre GEOLIER apparaît toujours dans l’Historique de la Compagnie en 1918. Cela laisse donc à penser qu’il a fini cette Grande Guerre, sain et sauf.

En 1918, son Régiment du 4ème Génie était affecté à la réparation des ponts neutralisés par les Allemands lors de leur retrait sur la ligne Hindenburg (𝘊’𝘦𝘴𝘵 𝘭𝘢 𝘱𝘰𝘭𝘪𝘵𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘛𝘦𝘳𝘳𝘦 𝘉𝘳𝘶̂𝘭𝘦́𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘦𝘴 𝘈𝘭𝘭𝘦𝘮𝘢𝘯𝘥𝘴 𝘢𝘱𝘱𝘭𝘪𝘲𝘶𝘦𝘯𝘵 𝘪𝘤𝘪, 𝘦𝘯 𝘥𝘦́𝘵𝘳𝘶𝘪𝘴𝘢𝘯𝘵 𝘭𝘦𝘴 𝘱𝘰𝘯𝘵𝘴, 𝘭𝘦𝘴 𝘤𝘢𝘳𝘳𝘦𝘧𝘰𝘶𝘳𝘴 𝘢𝘪𝘯𝘴𝘪 𝘲𝘶𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘱𝘰𝘪𝘯𝘵𝘴 𝘩𝘢𝘶𝘵𝘴 𝘵𝘦𝘭𝘴 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘦𝘴 𝘤𝘭𝘰𝘤𝘩𝘦𝘳𝘴, 𝘦𝘵𝘤….)

Un rapide coup d’œil dans les registres des « 𝘔𝘰𝘳𝘵𝘴 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘭𝘢 𝘍𝘳𝘢𝘯𝘤𝘦 » nous apportera la confirmation qu’il a bien survécu au premier conflit mondial.

Le site GENEANET nous permet d’avoir un regard sur l’arbre généalogique de la famille GEOLIER. Ainsi, nous apprenons qu’Alexandre GEOLIER est né le 29 Décembre 1879, dans le petit village d’Etriché, dans le département du Maine-et-Loire. Il est décédé, à Angers le 28 Juin 1938, dans ce même département.

L’arbre généalogique étant plutôt complet, le nom d’un descendant apparaît : Celui de 𝗠𝗶𝗰𝗵𝗲𝗹 𝗚𝗘𝗢𝗟𝗜𝗘𝗥…


Il est donc temps de croiser toutes les données récoltées afin de vérifier que ce « Michel GEOLIER » soit bien le descendant de notre Sapeur Mineur de la Compagnie M7.

Après de nombreuses recherches sur internet, nous découvrons que ce possible descendant habite actuellement à 8 kms d’Angers - ville où est justement enterré notre Sapeur- Mineur. Il n’est éloigné que de 29 kms du village natal d’Alexandre GEOLIER…


𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹’𝗲́𝗾𝘂𝗶𝗽𝗲 𝗔𝗦𝗔𝗣𝗘, 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝘁𝗲𝗻𝗼𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗯𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀𝗰𝗲𝗻𝗱𝗮𝗻𝘁 ! Mais il est impossible de trouver l’adresse précise afin d’entrer directement en contact pour obtenir une confirmation de son lien de parenté avec le Sapeur-Mineur GEOLIER.

Un contact est établi avec l’Officier d’Etat- Civil de la mairie du descendant qui nous confirme que Michel GEOLIER réside toujours dans la commune. Ce dernier s’engage à porter en main propre notre courrier au domicile du possible descendant.

Le courrier est remis en main propre, Mi-Janvier 2023 … Et Monsieur Michel GEOLIER prend contact, le jour même, avec l’ASAPE 14-18 pour confirmer que le Sapeur Mineur Alexandre GEOLIER qui a laissé son nom dans la galerie P7 est bien son grand -père.

Très émue et après un long échange téléphonique, L’ASAPE 14-18 l’invite à venir sur place, dans l’Oise, pour découvrir les traces rupestres laissées par son grand-père qu’il n’a malheureusement jamais connu. Seuls, quelques effets personnels ont traversé le temps, en guise de souvenirs de son grand- père.

Après avoir échangé avec le Staff et une fois l’équipement de sécurité enfilé, nous accompagnons Michel GEOLIER dans le Puits N°7 pour découvrir les traces laissées par son grand- père, à 400 kms du berceau familial et à presque 10m sous terre. Nous apprenons que son grand père était agriculteur à Châteauneuf sur Sarthe avant d'être incorporé dans l'armée en 1899. Il a ensuite été marinier jusqu'à la mobilisation du 06 Aout 1914. Après guerre il reprit son activité de marinier avant d'être agent d'entretien à la ville d'Angers.

Ce fut un moment émouvant pour lui, comme pour l’ASAPE qui a réussi à mener sa mission à bien : Celle de retrouver la famille d’un des Sapeurs Mineurs de l’ouvrage P7.

Monsieur GEOLIER n’est pas venu les mains vides : Différentes photos de son grand père, son carnet militaire ainsi que son couteau personnel sont présentés aux membres de l’ASAPE 14-18.

Moment d’émotion - une nouvelle fois - que de se dire que ce couteau est venu sur ce site pour la dernière fois en 1917….


Voilà… l’ASAPE ce n’est pas 𝐐𝐔𝐄 rechercher et explorer les ouvrages souterrains de la Grande Guerre… C’est aussi mener des enquêtes approfondies et minutieuses sur les hommes ayant- pour la plupart - en pleine fleur de l’âge- donné le meilleur d’eux-mêmes pour défendre notre pays.


L'EQUIPE ASAPE 14-18

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