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Bataille de Quennevières : Un ouvrage bientôt disponible.

L’ASAPE 14-18 a eu le privilège d’accueillir et de guider sur le site de la Bataille de Quennevières un groupe d’historiens danois avec, à leur tête, le conservateur du musée du Sud Jutland (𝘔𝘶𝘴𝘦𝘶𝘮 𝘚ø𝘯𝘥𝘦𝘳𝘫𝘺𝘭𝘭𝘢𝘯𝘥), unique musée du Danemark évoquant l’engagement de leurs compatriotes dans le premier conflit mondial.




𝗔𝘂 𝗽𝗿𝗼𝗴𝗿𝗮𝗺𝗺𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗷𝗼𝘂𝗿𝗻𝗲́𝗲 :


Visite du Schleswiger Tal (ravin de cantonnement allemand) Visite de la Konïgin Höhle (carrière de cantonnement allemande et poste de secours) La plaine de la bataille de Quennevières le Hansen Tunnelenfin La nécropole allemande de Moulin-sous-Touvent





Cette visite de la Nécropole allemande dans laquelle reposent 1903 soldats fut l’occasion d’évoquer les menaces actuelles du secteur : 𝘱𝘳𝘰𝘫𝘦𝘵𝘴 𝘦́𝘰𝘭𝘪𝘦𝘯𝘴, 𝘢𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥𝘪𝘴𝘴𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵𝘴 𝘥𝘦 𝘴𝘪𝘵𝘦𝘴 𝘪𝘯𝘥𝘶𝘴𝘵𝘳𝘪𝘦𝘭𝘴 𝘰𝘶 𝘣𝘪𝘦𝘯 𝘦𝘯𝘤𝘰𝘳𝘦 𝘭𝘦 𝘱𝘪𝘭𝘭𝘢𝘨𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘴𝘪𝘵𝘦𝘴 𝘧𝘶𝘯𝘦́𝘳𝘢𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘎𝘳𝘢𝘯𝘥𝘦 𝘎𝘶𝘦𝘳𝘳𝘦.


𝗦𝘂𝗿 𝗰𝗲 𝗱𝗲𝗿𝗻𝗶𝗲𝗿 𝗽𝗼𝗶𝗻𝘁 ; il est désormais avéré que notre secteur de l’Oise est directement impacté par ce pillage qui consiste à exhumer – 𝙨𝙖𝙣𝙨 𝙖𝙪𝙩𝙤𝙧𝙞𝙨𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙚𝙩 𝙨𝙖𝙣𝙨 𝙙𝙚́𝙘𝙡𝙖𝙧𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙖𝙪𝙭 𝙎𝙚𝙧𝙫𝙞𝙘𝙚𝙨 𝘼𝙧𝙘𝙝𝙚́𝙤𝙡𝙤𝙜𝙞𝙦𝙪𝙚𝙨 - des stèles ou monuments funéraires de soldats allemands reposant dans d’anciens cimetières provisoires… Prétextant effectuer des 𝑝𝑟𝑜𝑗𝑒𝑡𝑠 𝑐𝑜𝑛𝑐𝑒𝑟𝑛𝑎𝑛𝑡 𝑙𝑎 𝑔𝑢𝑒𝑟𝑟𝑒 14-18, ces pilleurs frappent aux portes d’associations françaises et musées étrangers afin d’extorquer plans et photos d’époque avec - comme unique intérêt – la localisation des sites funéraires pour ensuite procéder aux pillages et tirer un bénéfice de leurs exactions.


Nous attendons donc avec impatience une réponse favorable d’un éditeur pour la parution en français du livre « 06 𝘑𝘶𝘪𝘯 1915 : 𝘔𝘰𝘶𝘭𝘪𝘯-𝘴𝘰𝘶𝘴-𝘛𝘰𝘶𝘷𝘦𝘯𝘵 – 𝘓𝘦 𝘑𝘰𝘶𝘳 𝘕𝘰𝘪𝘳 », ouvrage en danois traduit par Alice NASSOGNE, Clémence SIMON et Aurélie SPORCQ, étudiantes de Master à la Faculté de traduction et d'interprétation de l'Université de Mons, et Romuald DELODIERE enseignant. Nous avons contribué – à notre niveau – à certaines traductions françaises et à quelques rectificatifs d’évènements relatés dans la version danoise ainsi qu’à la relecture finale. Le musée du Sud Jutland (Museum Sønderjylland) vient également d’inaugurer une toute nouvelle exposition, riche en témoignages, photos, objets militaires, etc. https://facebook.com/soenderborgslot/

A ce titre, L’ASAPE 14-18 a également apporté sa contribution en fournissant des clichés d’une des galeries de mines allemandes du secteur, creusée justement par des pionniers danois (PB9) afin qu’elle orne l’une des salles d’exposition du château de FLENSBURG. Cette bataille de Quennevières qui marqua profondément les hommes du Sud Jutland enrôlés principalement dans le régiment Fusiller Régiment N°86 occupe une place importante dans l’exposition. Les tranchées allemandes sur ce secteur portaient d’ailleurs les noms de villes majeures du Schleswig ; elles s’appelaient, du nord au sud : 𝘏𝘢𝘥𝘦𝘳𝘴𝘭𝘦𝘣𝘦𝘯𝘦𝘳 𝘞𝘦𝘨, 𝘈𝘱𝘦𝘯𝘳𝘢𝘥𝘦𝘳 𝘞𝘦𝘨, 𝘚𝘰𝘯𝘥𝘦𝘳𝘣𝘶𝘳𝘨𝘦𝘳 𝘞𝘦𝘨, 𝘍𝘭𝘦𝘯𝘴𝘣𝘶𝘳𝘨𝘦𝘳 𝘞𝘦𝘨, 𝘚𝘤𝘩𝘭𝘦𝘴𝘸𝘪𝘨𝘦𝘳 𝘞𝘦𝘨 𝘦𝘵 𝘎𝘭𝘶̈𝘤𝘬𝘴𝘣𝘶𝘳𝘨𝘦𝘳 𝘞𝘦𝘨. Ces tranchées étaient nommées conformément à leur emplacement géographique le long de la côte Est du Schleswig.


𝗟𝗮 𝗯𝗮𝘁𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗤𝘂𝗲𝗻𝗻𝗲𝘃𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝗹𝗲 𝟬𝟲 𝗷𝘂𝗶𝗻 𝟭𝟵𝟭𝟱

Mi mai 1915, les Allemands détectent d’importants travaux de mines au niveau de la ferme de Quennevières, qui à cette époque forme un saillant ; en surface, des tas de terre trahissent bien le travail des sapeurs qui s’activent dans leurs travaux de mines. Les Allemands depuis leurs sapes 4, 5, 6 et 8 décident de contre-miner le secteur. Le 02 juin 1915, les pionniers allemands réussirent à rejoindre une galerie française qu'ils firent exploser dans l'après-midi ; l’entonnoir (le cratère) provoqué par cette explosion se trouvait alors à vingt mètres seulement des positions allemandes.

La veille de l’attaque, les bombardements s’intensifient, les Allemands étant parfaitement au fait qu’une attaque va se produire sur ce secteur : l’agitation anormale du secteur français, le bruit de wagonnets qui acheminent le matériel, traduisent la préparation de l’attaque. Sans compter que le 05 juin, un déserteur français leur donne la date du lendemain, le 06 juin, comme jour de l’assaut français ; de ce fait, la relève allemande prévue est ajournée. Le 5 juin 1915, aux alentours de midi, l’état-major allemand appela en renfort des compagnies de régiments voisines : le 31e et le 85e. Cependant, ces compagnies ne purent atteindre le front que l’après-midi du jour suivant, soit en pleine attaque française.


A l’aube du 06 juin 1915 à 4h50, une position avancée tenue par la 12e compagnie du FR86, dénommée 𝕾𝖔𝖑𝖙𝖆𝖚 𝕰𝖈𝖐, disparaît littéralement à la suite du déclenchement d’une mine souterraine française placée sous la ligne allemande à une profondeur de 6 mètres ; 8 hommes et une ou deux mitrailleuse(s) du FR86 sont ensevelis. L’artillerie française passe à l’action et écrase les lignes allemandes. Sans le savoir, les Français firent feu juste au moment où se faisait la relève entre les compagnies allemandes positionnées dans la tranchée la plus avancée de la ligne de front ; en un clin d’œil, un bataillon entier fut presque réduit à néant. Près de 40.000 obus vont être tirés lors de cette préparation d’artillerie.

Il est inexact de qualifier cette bataille de « 𝘗𝘳𝘪𝘴𝘦 𝘥𝘶 𝘴𝘢𝘪𝘭𝘭𝘢𝘯𝘵 𝘥𝘦 𝘘𝘶𝘦𝘯𝘯𝘦𝘷𝘪𝘦̀𝘳𝘦𝘴 », premièrement, parce que ce saillant est neutralisé dès 04h50 par la mine française, deuxièmement, l’axe principal de l’attaque française se situe à plus de 300 mètres de ce saillant. La réalité historique et tactique montre que la neutralisation par la mine de cette position allemande avait pour objectif d’éviter les tirs de mitrailleuses dits « en enfilades » (par le coté) contre le gros de la troupe d’infanterie française ; le saillant est donc neutralisé dès l’explosion de mine française, soit à 5h30, juste avant la charge de l’infanterie.


La « 𝒈𝒖𝒆𝒓𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒎𝒊𝒏𝒆𝒔 » – propre aux services du Génie – est d’ailleurs parfaitement combinée avec tous les corps d’armée dans le cadre de la bataille de Quennevières avec une neutralisation d’une position de surface par la mine, suivie de tirs d’artillerie pour empêcher l’ennemi de réorganiser cette position, et ensuite un assaut d’infanterie pour occuper le terrain.


A 10h15, après un pilonnage d’artillerie d’une extrême violence (ce que les allemands désignent désormais par « Trommelfeuer »), les positions tenues par les premier et troisième bataillons du FR86 deviennent les objectifs français de la bataille. Les hommes du FR86 sont surpris par l’ampleur de l’attaque. Alors que des combats au corps à corps s’engagent dans les tranchées de première ligne puis dans les boyaux, les bataillons 1 et 3 refoulent au bout de 20 minutes dans le ravin 𝕾𝖈𝖍𝖑𝖊𝖘𝖜𝖎𝖌𝖊𝖗 𝕿𝖆𝖑 en abandonnant leurs lignes ; en effectuant ce repli précipité, ces bataillons du FR86 se retrouvent coupés de leurs camarades du bataillon 2, situés plus au sud, leur défense ayant été littéralement enfoncée en plein centre du ravin.

C’est une brèche de plusieurs centaines de mètres qui s’est alors ouverte. Les Zouaves envahissent le 𝕾𝖈𝖍𝖑𝖊𝖘𝖜𝖎𝖌𝖊𝖗 𝕿𝖆𝖑 et certains de ces éléments courageux réussiront l’exploit de rejoindre la plaine sur le versant opposé, vers la ferme de Puiseux, en neutralisant au passage un canon de la deuxième batterie allemande du FAR45 avec ses servants. L’Oberlieutenant ESCHE, commandant du FR86 qui est à son poste de commandement dans la « Stein Bruch » de Nampcel – une carrière d’extraction de pierres de surface, aujourd’hui bouchée – et n’ayant pas pris alors la mesure du désastre, engage aussitôt l’ensemble de ses compagnies disponibles en contre-offensive.


Alors que l’offensive française atteint tous ses objectifs, voir plus, une erreur stratégique va permettre aux Allemands de rejeter les forces françaises hors de ce ravin et ainsi de combler rapidement cette brèche ; en effet, les généraux en charge du commandement de la bataille ne jugent pas opportun d’exploiter le bénéfice de cette percée en renforçant leurs troupes en effectifs, matériels et logistique. Les Allemands profitent donc de ce manque de clairvoyance des généraux français pour reformer une ligne de défense solide. L’artillerie allemande (FAR9 et FAR45) se met alors rapidement en action en pilonnant ses anciennes seconde et première lignes, empêchant ainsi les Français de les relier à leur réseau.

L’objectif des jours suivants pour les Allemands sera la reconquête des tranchées perdues sur la plaine de Quennevières.


Cette bataille sur les terres de Moulin-sous-Touvent a vu la disparition d’un bataillon allemand, presque 1000 hommes, dès les premières heures de la bataille. Aucune autre bataille de la Première Guerre mondiale ne tuera d’ailleurs autant de Sud-Jutlandais en une seule journée. Situé à 80 kilomètres de Paris, le front de la bataille de Quennevières (environ 1100 mètres) était, de toute la ligne de tranchées allemandes, le plus proche de la capitale française entre octobre 1914 et mars 1917.

Le livre « 06 𝘫𝘶𝘪𝘯 1915 : 𝘔𝘰𝘶𝘭𝘪𝘯-𝘴𝘰𝘶𝘴-𝘛𝘰𝘶𝘷𝘦𝘯𝘵 – 𝘓𝘦 𝘑𝘰𝘶𝘳 𝘕𝘰𝘪𝘳 » relate également ces 14 jours qui suivirent celui du 06 Juin 1915.


𝗟𝗮 𝘃𝗶𝘀𝗶𝘁𝗲 𝟯𝗗 𝗱𝘂 𝗛𝗮𝗻𝘀𝗲𝗻 𝗧𝘂𝗻𝗻𝗲𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗼𝗻𝗶𝗯𝗹𝗲 𝗮̀ 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗮𝗱𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲 : https://my.virtualplanadvantage.com/.../association-des...



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